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**Dix agents qui démissionnent en moins de six mois, un suicide en février, plusieurs plaintes pour harcèlement moral, un chef de service sur le départ… Y aurait-il un malaise au sein de la police intercommunale de Roissy-Porte de France ? Certains agents excédés ont décidé de dénoncer un climat délétère.

« On est passés de 48 il y a cinq ans à 26 aujourd’hui, raconte un agent qui souhaite rester anonyme. Si tous ces agents partent, il y a forcément une raison ». Le syndicat FO est dans le viseur et plusieurs de ses membres font l’objet de plaintes. « Deux clans se sont formés sur fond de guéguerre syndicale, explique un autre fonctionnaire. On est dans la délation permanente, la provocation, les moqueries, une véritable dictature syndicale en toute impunité, c’est devenu invivable ». Et les conséquences sur le travail se font sentir. « On ne peut pas être aussi efficace avec ces effectifs. Les brigades cynophiles, et de proximité ont été supprimées, on est moins sur le terrain », dénonce ce policier municipal arrivé à la création en 2002.

Ces agents sont aussi déçus par l’attitude de l’administration. « Certains font des rapports pour dénoncer des agissements non réglementaires et n’obtiennent jamais de réponse », poursuit un de ses collègues.

Pour la direction de Roissy-Porte de France, la situation est loin d’être alarmante. « S’il y a des agents qui ne s’entendent pas, je ne peux rien y faire, réagit Yves Lochouarn, directeur général des services. Je ne vais pas jouer à l’instituteur dans la cour de récréation. Si les agents n’ont pas été remplacés c’est parce que certaines communes de l’agglomération ont quitté complètement ou réduit leur participation financière au sein du service. Les besoins sont donc moindres. Nous avons d’ailleurs mandaté un cabinet qui doit redéfinir les missions de notre police ».

Actuellement, Chennevières, Épiais-lès-Louvres, Fontenay-en-Parisis, le Thillay, Louvres, Marly-la-Ville, Puiseux-en-France, Roissy-en-France, Survilliers, Vémars et Villeron sont couvertes sur les 19 communes de l’agglomération. Et comment expliquer, selon lui, l’énorme vague de départs ? « L’intérêt du travail n’est plus le même pour les agents. Comme il y a moins de travail, ils préfèrent aller travailler ailleurs », analyse le directeur. Un argument que réfutent les agents frondeurs. « Nous sommes très bien payés et bénéficions d’avantages sociaux. Pour aller voir ailleurs, il faut vraiment qu’il y ait un problème », martèle l’un d’entre eux.

Cet exposé d’une situation alarmante semble également étonner Joseph Belorgane, délégué départemental FO et agent, dont le syndicat est désormais majoritaire au sein de la police intercommunale. « Je n’ai pas du tout cette lecture, je ne travaille pas dans un climat de guerre, insiste le syndicaliste. On est là pour faire avancer ce service. Plusieurs de ces personnes sont parties parce qu’elles n’étaient pas d’accord avec le nouveau projet de service ». Ce projet de service, présenté en janvier 2015, propose un diagnostic de sécurité du territoire, une restructuration du management, de la gestion de l’effectif et demande l’armement des agents.

Malaise à la police intercommunale de Roissy
Malaise à la police intercommunale de Roissy
Malaise à la police intercommunale de Roissy

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