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Gonesse, 1783. La chute d’un ballon gonflé à l’hydrogène provoque un émoi important chez les témoins de la scène, peu habitués aux engins volants. (Collection particulière Maurice Bonnard.)

Gonesse, 1783. La chute d’un ballon gonflé à l’hydrogène provoque un émoi important chez les témoins de la scène, peu habitués aux engins volants. (Collection particulière Maurice Bonnard.)

Avant le crash du Concorde, le 25 juillet 2000, Gonesse avait déjà connu la chute d’un engin volant. Plus de deux siècles plus tôt, c’est un ballon gonflé à l’hydrogène qui est tombé dans les champs. Et si cet incident est resté dans l’histoire, c’est surtout pour la réaction des habitants, totalement effrayés par cet objet venu du ciel.

Denis Savineaux, du service Archives et mémoires de Gonesse, relate cet incident en ouverture de la revue.

Ce 27 août 1753, près de 300 000 Parisiens se pressent au Champs de Mars. Ils sont venus assister à la première expérience d’ascension d’un ballon gonflé à l’hydrogène, conçu par le physicien et chimiste Charles Jacques. Vers 17 heures, le ballon s’envole, sans personne à bord. « En quelques minutes, il flotte à près de mille mètres, raconte Denis Savineaux. Il prend ensuite la direction du Nord-Est parisien. »

Sa chute, environ 45 minutes plus tard dans un champ de Gonesse, provoque un émoi considérable. « A Gonesse, comme dans les campagnes alentour, on ignore qu’il est possible de faire voler des engins remplis de gaz ou d’air chaud. […] L’odeur dégagée, la toile encore agitée de soubresauts sont les signes évidents de l’origine diabolique de cette chose informe venue du ciel », souligne le chercheur.

Le curé, dépêché sur place, tente d’apaiser les Gonessiens. Mais sans succès. C’est du moins la représentation qu’en feront les auteurs d’estampes de l’époque, reprise ensuite par nombre de chansons burlesques et gravures satiriques. « Le ballon percé, déchiqueté par les fourches et les faux, est achevé à coups de fusil et finalement attaché à la queue d’un cheval qu’on lance au galop », explique l’historien.

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